M'envahit alors une multitude de regrets, une saisissante tristesse liée aux évènements passés.
L'heure de la récré avait sonné. Je descendis les escaliers, et sortis. Je marchais, seule, les yeux rivés vers le sol, quand une chose étrange se passa. Ma tête se leva, sans que je ne sache vraiment pourquoi, mes yeux se sentirent attirés. Et c'est à cet instant que je la vis, Elle, comme sortie tout droit d'un
conte de fée. Le temps se figea, tel un moment éternel, un sentiment, d'immobilité, de fixité illimitée.
Qu'Elle était belle ! Des cheveux ondulés, blonds comme les blés, et ses yeux, son principal attrait,
des yeux d'un bleu si clair, si profond, qu'en les admirant, je faillis me noyer dedans. Un visage
si bien dessiné, des sourcils si bien épilés, des cheveux si bien coiffés. Une beauté illuminée !
Une créature de rêve, un ange ! Vis-je un rêve éveillé, ou vis-je ma réalité, me suis-je alors demandée. Vision, rêverie, invention ? Hallucination, utopie, illusion ? Peu importe, je ne voulais plus la quitter des yeux, je ne pouvais plus détourner mon regard de sa silhouette si parfaite. Vous pouvez vous demander, qu'attendais-je pour aller lui parler. Je vous répondrai, avec simplicité, un seul mot qui est « timidité ». Vous savez, cette timidité, la perte de ses moyens hors du milieu familier, engendrant généralement
des difficultés à communiquer ; autrement dit, un trait de la personnalité que j'aurai préféré
ne jamais éprouver. Malheureusement, c'était ainsi, je devais faire avec.
Quoi qu'il en soit, les jours défilaient, et je continuais de la contempler en secret, n'osant toujours pas
aller lui parler. Je me levais chaque jour pour la voir ; chaque jour de cours était donc, pour moi, un réel plaisir. Elle était mon moteur, la source de bonheur où baignait quotidiennement mon coeur.
Elle ignorait probablement tout de moi ; peut-être, même, n'avait-Elle jamais posé les yeux sur moi.
Mais je m'en fichais du moment que je pouvais la regarder. J'aurai pu la savourer des heures entières. J'étais dans l'impossibilité de décrire ce que je ressentais, je n'en avais pas la moindre idée.
C'était la premièrement fois pour moi, la première fois que j'éprouvais de tels sentiments
pour une personne qui m'était inconnue. Car, oui, il était question de sentiments,
mais ces sentiments étaient-ils amicaux ou amoureux, je ne le savais pas.
J'étais dans une période assez bizarre, une période de confusion, de doute.
Quelques mois s'étaient écoulés, et à présent, je la connaissais.
Ma première impression avait été la bonne, puisque il s'avéra que Elle était une fille tout à fait charmante. Mes sentiments à son égard n'avaient pas changé, ils s'étaient même accrus, si je puis dire. Cependant,
je me gardais bien de lui faire part de mes incertitudes vis-à-vis de mon ardeur. Pourquoi le lui avouer puisque je n'en étais pas certaine ? Voilà bien le problème d'ailleurs : comment trancher entre amour
et amitié ? Comment savoir si l'on ressent de l'amitié ou de l'amour envers son amie ?
Comment savoir si cette amie ne ressent que de l'amitié ou bien de l'amour envers nous ?
Toutes ces interrogations cognaient dans ma tête, sans cesse, à longueur de temps.
Devais-je le lui demander ? Deviendrait-elle distante suite à cela ? Oui, non, peut-être, qui sait.
Non, vraiment, je ne voulais pas risquer de gâcher cette belle rencontre, cette amitié naissante.
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Année 2007,
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